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Numéro
psychologie clinique
Numéro 48, 2019
Variations de l’humeur – l’affect dans la clinique contemporaine
Page(s) 174 - 182
Section Tribunes Libres
DOI https://doi.org/10.1051/psyc/201948174
Publié en ligne 20 décembre 2019

© Association Psychologie Clinique 2019

Une lecture de la presse généraliste, des blogs consacrés à l’autisme et des différentes opinions et nouvelles parvenues par internet montrent ceci, lors des cinq premiers mois de 2019 :

  • On constate la raréfaction des interventions, des écrits et avis des têtes de file associatives en France, dans le cadre du lobbying d’opinions à la destination du grand public. Cela pourrait présager de la présence de ces actions auprès des figures du pouvoir. Sont exceptées ici de cette raréfaction de l’information les nombreuses annonces et nouvelles des manifestations locales charitables, menées par les associations et les familles, qui persistent.

  • Nous en sommes à la nomination de la troisième secrétaire d’État aux personnes handicapées; au quatrième plan autisme dans la continuité, l’immuabilité de la politique conduite par le secrétariat d’État.

  • On observe une recrudescence des nouvelles et des actions à l’étranger, dans le cadre de la vie associative et dans le développement de la vie scientifique. Les informations venant du Canada (pas seulement du Québec), restent présentes, alors que celles relatives aux actions menées dans les pays de l’Afrique du Nord et dans les pays de l’Afrique francophone augmentent en rythme et en nombre. Il y a une délocalisation des actions, jusqu’alors menées en France, vers l’Afrique du Nord.

  • Un autre type de politisation des causes de l’autisme existe, sans proposer des moyens de prévention, lors des campagnes Antivax, notamment lorsqu’il s’agit d’imputer l’autisme à la rougeole, par l’exploitation de fake news.

Les lignes qui suivent sont basées sur le recueil des données écrites recueillies entre le mois de janvier et le mois de mai 2019. Leur sélection est abusive, car elles ne reflètent que les intérêts professionnels de l’auteur de cet écrit, ce qui les fait apparaître biaisées, à juste titre.

Fantaisies thérapeutiques

Un spray nasal inaugure l’année. Le produit est réputé lutter contre l’autisme. Il sera suivi par d’autres propositions curatives, du cannabis à l’eau de Javel, en passant par des « greffes de selles » pour améliorer le microbiote, puis par la lutte contre le taux élevé de la sérotonine, des questions autour de la vasopressine, jusqu’à un nouveau traitement par la mélatonine. La constante étant que la promotion des produits chimiques est aisée pour trouver des issues commerciales. C’est le cas du spray nasal dont la technique « a été acquise par un laboratoire de produits pharmaceutiques »1. En médecine, l’utilisation de sprays est devenue une bonne technique lorsqu’elle est adaptée pour la sclérose en plaques, les douleurs neuropathiques, les TSA. À ce sujet, le Département américain de la santé recense un enfant sur 110 en 2010 et un sur 59 en 2018. Le nombre d’enfants atteints de TSA explose. C’est pour les USA le signe qu’il y a là une manne assurantielle à exploiter. Avoir dans sa famille un enfant reconnu atteint de TSA est une possibilité d’aide financière qui n’est pas à négliger, outre les endroits ou cela aide à privilégier le statut social.

En ce qui concerne les greffes de selles ou « transplantation de microbiote fécal », c’est ainsi qu’on nomme la procédure, c’est une recherche de l’Arizona State Université qui la révèle. Un article du Scientific Reports explique que « de nombreux enfants avec autisme présentent une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre de ce “microbiote intestinal” ». « La MTT (Microbia transfert therapy [...]) comprend dix semaines de prétraitement avec un antibiotique (vancomycine), un nettoyage intestinal, un suppresseur d’acide gastrique et un transfert du microbiote fécal pendant sept à huit semaines. L’article précise qu’après avoir prescrit ce traitement à 18 enfants de 7 à 17 ans, qui ont été examiné avant et après le traitement, on peut en conclure que « deux mois après les participants ont constaté une réduction de 80% de leurs problèmes gastro-intestinaux. Deux ans plus tard, ils présentaient toujours une baisse moyenne de 58% par rapport au niveau initial2. » Voilà de quoi faire pièce pour que des familles acceptent ce traitement vigoureux, alors que d’autres parmi elles s’opposent toujours aux procédures vaccinales. À ce propos, une étude britannique nous parvient, le Canada. Elle « établit un lien entre ces groupe [antivaccins] et les partis politiques populistes du Vieux Continent ». Ces propos sont étayés par la lecture d’un article de Jonathan Kennedy dans European Journal of Public Health, qui explique que « la résistance aux vaccins et le populisme politique obéissent à la même dynamique, “une profonde méfiance à l’égard des élites et des experts” »3. Il y a peu, dans mon livre sur Le grand imbroglio de l’autisme, j’avais évoqué la relation entre le mouvement antivaccin et la droite politique religieuse.

Pourtant l’hormonothérapie retient l’attention des laboratoires. Ainsi, « la vasopressine améliore les comportements sociaux chez les personnes souffrant des troubles du spectre autistique (TSA) selon deux études. Doper les concentrations de cette hormone ou la bloquer constituent deux pistes de traitement efficace »4. Le traitement se fait par l’utilisation d’un spray nasal. La première étude est réalisée par l’Université de Stanford sur 30 enfants de six à douze ans atteints de TSA. Pendant un mois, 17 d’entre eux sont sous vasopressine, 13 reçoivent un placebo. On note de meilleures compétences sociales au terme de ce traitement court sur un nombre très limité de sujets. Est-ce miraculeux ? La deuxième étude est menée par les laboratoires Roche et concerne 223 hommes présentant des TSA. Le produit utilisé, le balovaptan bloque les récepteurs de l’hormone pendant 12 semaines. « Plus la dose de balovaptan est élevée, plus grands sont les progrès. »

Femmes et mères

Les femmes restent présentes. Les femmes sont les mères dans la problématique de l’autisme. Elles restent vindicatives sur des propos tenus sur elles il y a de nombreuses années et aujourd’hui passés de mode, à propos des mères réfrigérateurs, voire des mères crocodiles. Aujourd’hui elles se mobilisent contre les conditions d’accueil qui leur sont faites dans les lieux de soins institutionnels, aussi bien à elles qu’à leurs familles. L’Association francophone des femmes autistes (AFFA) les regroupe avec celles qui se déclarent elles-mêmes autistes. L’association a enquêté dans plus de 500 familles. Elle a constaté des dysfonctionnements, par rapport aux enfants (193 réponses), par rapport aux adultes (18 réponses) et par rapport à des thématiques récurrentes. Il y a eu 13 réponses positives concernant le suivi5. Le journal Le Monde en ligne reprend l’information : « On avait par exemple des remontées de terrain nous disant que les professionnels continuent dans certains endroits de privilégier une approche psychanalytique, alors que l’autisme n’est pas un trouble psychiatrique, explique Magali Pignard, cofondatrice de l’AFFA. [...] On a voulu vérifier comment l’argent public est employé6. » L’AFFA souligne que « la formation “approfondie des professionnels aux pratiques constituant le fondement des recommandations de la HAS” paraît également essentielle »7.

La rougeole

C’est l’opposition au vaccin contre la rougeole qui fait les gros titres en ce début du mois de mars. La majorité des articles reprend l’historique de la controverse avec Andrew Wakefield, ex-médecin. Elle date de 1998 et peine à s’éteindre. Des résurgences se font connaître. Par exemple, en 2003 aux USA, un enfant de 9 ans développe une encéphalite après l’injection du vaccin ROR. L’affaire parvient à la justice : le vaccin a causé l’autisme. La Cour fédérale des plaintes constate qu’après sa vaccination, l’enfant a bien développé une encéphalite. C’est une remarque factuelle, pas plus ! La Cour ne relate pas le vaccin à l’autisme. Pourtant l’opinion flambe à nouveau. On sait alors que le vaccin ROR a des effets secondaires : 1/10 millions de vaccinés a une réaction. La rougeole elle-même expose à un risque de 1/1 000 à 1/2 000 cas d’encéphalite. « En effet, s’il n’est pas rare que les enfants souffrant d’autisme présentent des encéphalites, l’inverse n’est pas vrai : “dire par ricochet que le vaccin contre la rougeole peut donner l’autisme par ce que l’encéphalite peut donner des troubles du spectre autistique, c’est faux”, détaille le professeur Delva8. »

Diverses sources, divers media informent d’une recrudescence de la rougeole dans le monde. Ce ne sont pas les conditions sanitaires, qui peuvent varier d’un pays à un autre, qui sont en cause, c’est bien le défaut de vaccination qui peut très rapidement prendre un aspect épidémique. La presse quotidienne se saisit du phénomène. « Début mars l’UNICEF alertait sur la recrudescence “préoccupante” de cette maladie dans le monde et pointait la France comme l’un des dix pays à l’origine des trois quarts de l’augmentation des cas de rougeole entre 2017 et 2018. » Et le journaliste, dans un but didactique, reprend l’information sur l’étude de Wakefield établissant un lien avec l’autisme, qui est depuis réfutée comme une « escroquerie scientifique »9. Une nouvelle étude apporte d’autres éléments en faveur de l’absence de lien entre vaccination et autisme. Nous sommes là face à « une étude de grande ampleur publiée [...] dans la revue Annals of Internai Medicine [... qui] confirme que le ROR ne déclenche pas l’autisme. Les auteurs, quatre universitaires danois, ont passé en revue les dossiers médicaux de 650 000 enfants nés au Danemark entre 1999 et 2010. Au cours de cette période 6 500 enfants ont développé des troubles du spectre autistique. Les chercheurs ont alors comparé le nombre d’enfants autistes parmi les vaccinés et les non vaccinés (au Danemark la vaccination n’est pas obligatoire) et n’ont pas trouvé de différence »10. Il y a pourtant une différence de taille, celle du nombre. Si le Pape François a annoncé 1 autiste sur 68, ou comme on vient de le lire ci-dessus s’il y en a 1/59, on doit se rendre à l’évidence que cette étude qui bénéficie du grand nombre sur le plan statistique, limite à 1/100 le nombre d’autistes dans une grande population. Cette étude est reprise dans Le Monde qui collecte les deux dernières informations en citant l’étude danoise qui « confirme une nouvelle fois que le vaccin ROR [...] n’augmente pas le risque de troubles autistiques, y compris chez des enfants avec des facteurs de risque. Les résultats publiés le 5 mars dans la revue Annals of Internai Medicine, proviennent d’une cohorte de plus de 650 000 enfants nés au Danemark entre 1999 et 2010, et suivis jusqu’en 2013 »11. Une autre publication retenue ici décrit un peu plus l’impact de cette étude danoise. On y lit que « même des enfants présentant des risques d’autisme, en raison de circonstances de grossesse ou de leur naissance, ou parce qu’un frère ou une sœur a déjà reçu un diagnostic d’autisme, ne développent pas plus de troubles autistiques que les autres enfants quand ils se font vacciner contre la rougeole »12.

Hans Asperger

J’ai, dans cette même revue, fait état de la polémique déclenchée par la parution du livre d’Édith Scheffer, Les enfants d’Asperger, dont Elisabeth Roudinesco assure la critique dans le journal Le Monde sous un titre violent qui ne peut passer inaperçu13, et dénonce une réalité passée. Asperger est un « adepte de l’idéologie nazie, il se détourne de l’approche bleulérienne pour créer la catégorie du “psychopathe autis- tique “, ce qui lui permet de différencier les “irrécupérables” envoyés au Spiegelgrund et les “amendables”, [...] dignes de survie : une véritable hiérarchie mortifère. [...] Personnellement responsable de l’assassinat de 44 enfants, Asperger publie en 1944, un travail dans lequel il théorise la différence entre deux catégories de “psychopathie autistique” : la “positive” et la “négative” ». C’est à Lorna Wing qu’on doit l’invention du « fameux “syndrome d’Asperger” pour définir un type d’autisme dit de “haut niveau” », poursuit Elisabeth Roudinesco. À ses critiques s’opposent les opinions de Jean Vinçot qui, dans plusieurs interventions plus tardives dans son blog sur internet nuance fortement les accusations portées sur Asperger14. C’est une charge contre « la romancière de la psychanalyse » et contre Edith Scheffer, car « tout est faux. Hans Asperger n’était pas nazi, car fervent catholique, tout en étant nationaliste [...] Sa recherche de 1944 ne porte que sur 4 enfants, et il n’en a plus fait ensuite ». La rédemption est-elle portée par l’excuse de ce petit nombre ? La ferveur religieuse est-elle une circonstance atténuante de ce procès ? « Au fil des années, le terme sera repris dans les différentes versions du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (ou DSM). C’est ainsi que des millions de personnes dans le monde, dites “autistes Asperger”, arborent aujourd’hui fièrement ce nom pour se démarquer des “autistes de bas niveau” décrits par Kanner. Ils ignorent que ce nom est celui d’un criminel nazi. »

Conditionnement

Aujourd’hui on s’intéresse à des stratégies de traitement dans lesquelles les familles, les soignants, inspirés de méthodes dérivées de l’ABA, interviennent auprès d’enfants jeunes, tant dans une optique préventive que curative15. C’est un reportage dans le service de psychiatrie de l’enfant du centre hospitalier de Versailles (Professeur Mario Speranza). « Le jeu [...] s’inscrit dans un programme de guidance parentale, le PACT (Pre-school Autisme Communication Therapy). Un pacte, en somme entre les parents et leur jeune enfant autiste. » Suite aux consultations et au visionnage de vidéos enregistrées à domicile, « le médecin note [les] succès [de l’enfant], élabore avec la mère une liste des conduites à tenir à la maison. “Derrière le jeu, l’objectif est d’améliorer le langage” ». « Le programme PACT, développé dans les années 2000 par une orthophoniste, Catherine Alfred, au Royaume uni est en plein essor. » On peut se demander si ce dispositif n’agit pas comme un renforçateur du conditionnement des parents qui intègrent alors le monde autistique de leur enfant. C’est sans doute exagéré... Mais il et vrai que c’est par le jeu que les enfants, tous les enfants, accèdent aux fonctions symboliques en développant leur langage.

Des précisions sur PACT sont données par ailleurs. Elles viennent du Canada. « Les interventions comportementales se font avec un professionnel, ou par les parents avec les jeunes enfants. On renforce certains comportements des parents qui favorisent la socialisation des enfants, notamment par la méthode PACT (Parent mediated social communication therapy for Young children with autism) qui a été décrite dans la revue The Lancet en 201616. » On ne saurait mieux décrire ce process.

La secrétaire d’État et la psychiatrie

Le 14 mars 2019, Sophie Cluzel rencontre ses homologues européens pour « échanger sur les bonnes pratiques », ce qui veut dire, en France, évoquer d’autres méthodes que celles issues de la psychanalyse17, suite aux recommandations de la HAS (2005). Ici on amalgame psychiatrie et psychanalyse, tant il est vrai qu’historiquement ces disciplines sont redevables l’une à l’autre. La secrétaire d’État est inter- wievée au micro de J.-J. Bourdin sur RMC. Elle déclare qu’il « s’agit de ne plus placer des enfants autistes devant des psychiatres [...] Il faut qu’on arrête de parler de psychiatrie »18. Le journaliste commente : « Les déclarations laissent sans voix : exclure la psychiatrie de ce champ-là est aussi stupide que d’exclure le langage dans la prise en charge ». Il fait état des réactions du Pr Golse et du Dr Michel David, le Président du syndicat des psychiatres des hôpitaux. La réaction est rapide de la part des psychiatres qui nous avaient habitués auparavant à un certaine retenue. À tel point que « onze syndicats et sociétés savantes de psychiatres ont dénoncé [...] les propos “irresponsables” et “indignes” de la secrétaire d’État aux personnes handicapées »19. Ces onze organismes constituent le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP). La secrétaire d’État intervient pour faire part de ses dénégations, « ”choquée de l’interprétation” faite de ses déclarations sur RMC le 1er avril, a indiqué lundi qu’elle “n’a jamais déclaré illégale la psychiatrie” qui doit figurer “à sa juste place” dans la stratégie pour l’autisme »20. Dans cet article comme dans bien d’autres à ce sujet, les journalistes mettent en avant Emmanuel Macron contre Sophie Cluzel. Ils rappellent que « fin février, Emmanuel Macron a promis de “réinvestir” dans la psychiatrie, en particulier pour “redonner une perspective à la pédopsychiatrie” ». Le Dr Michel David dénonce « une “vindicte dopée à l’audimat” et une “curée antipsychiatrique” »21. Le CNPP « exige le retrait de ces déclarations indignes [...] les propos irresponsables et scandaleux de la secrétaire d’Êtat ».

Gilles Bouquerel sur son blog montre comment ce qui se passe n’est que l’aboutissement d’une cascade d’échecs politiques auquel le 4e plan autisme n’échappera pas. « Madame Cluzel, comme ses prédécesseurs, court à l’échec certain, non en raison du pouvoir maléfique du complot psychiatrico-psychanalytique, mais simplement parce ce qu’elle dit est contraire à la réalité, au réel, au factuel, au mesurable, à l’observable, au concret22. » Bouquerel poursuit, craignant que « Mme Cluzel n’ait fait définitivement capoter le 4e plan Autisme, pourtant parti sous de meilleurs auspices que les précédents. Elle s’est fait rattraper par la maladie chronique et incurable des responsables ministériels de l’autisme. Quelle bévue politique ruine par une petite phrase un patient effort de deux années ». Il faut prêter attention à l’incise sur les responsables ministériels de l’autisme et y demeurer attentif. Qui sont-ils, quel rôle jouent-ils ? Si le cabinet a plus de pouvoirs que quiconque, comment l’exerce-t-il ? En tout cas, Mme Cluzel a réussit « à se mettre à dos, en l’espace de quelques jours, la majorité des organisations de psychiatrie »23.

Science et marketing

Les associations de familles d’enfants autistes, comme je le remarquais, sont de plus en plus discrètes ou de moins présentes en première ligne. Elle se sentent de moins en moins entendues et n’ont plus cette place prépondérante de leurs débuts. Beaucoup de personnes, de groupes ont intérêt à conquérir la place qui convient à leur reconnaissance, mais aussi à leur prépondérance sur le plan des idées, ce qui semble en retrait actuellement. Elles font en revanche l’attention de tous ceux qui ont quelque chose à leur vendre sur le plan de la formation ou sur le plan de la marchandisation de quoi que ce soit. Un article d’un journal de médecine en ligne donne la parole à l’une des représentantes du monde associatif. Olivia Cattan, présidente de Paroles de femmes et de SOS autisme France intervient sur Huffington Post24 : L’autisme est « au cœur d’un marketing et d’un business juteux qui semblent sans limites. [... des] méthodes comportementales diverses et variées [... des] traitements médicaux les plus farfelus, les coachs autisme, les nouveaux gourous qui se revendiquent des neurosciences, les pseudo-experts en autisme sur l’emploi, les formations bidon que l’on vend à prix d’or aux parents comme aux professionnels, les hypnothérapeutes ou ostéopathes avec la mention publicitaire “autisme”, l’Équithé- rapie ou la Delphinothérapie, le Neuro feed-back ou encore l’auriculothérapie... L’autisme est devenu en quelques années un business lucratif qui s’est développé en appauvrissant les familles qui vont d’illusion en désillusion ». Olivia Cattan donne des exemples de prix. « Certaines [techniques] pourraient s’apparenter à des sectes » et la MIVILUDE « a émis plusieurs alertes en la matière ». « Les passes d’arme entre [...] Sophie Cluzel et certaines associations de psychiatres ont témoigné combien le sujet demeure extrêmement passionnel », conclut-elle.

Psychanalyse

Dans cette période, c’est l’étude des faits de société qui retient l’attention de psychanalystes qui les commentent. Le principal événement concerne cette mère dont la justice retire la garde des ses enfants par quatre fois pour quatre enfants. L’autisme est confondu, dans cette affaire avec une symptomatologie de maltraitance. Nous n’entrons pas ici dans la discussion juridique. Nous considérons comment les deux psychanalystes signataires de cet article introduisent des points de discussion théoriques. Ils rappellent que, pour eux, l’autisme n’est pas une psychose et que depuis les années 1980, sur la base des travaux de Robert et Rosine Lefort, cette thèse « est aujourd’hui largement partagée »25. Les auteurs citent deux articles du Dr Assouline parus sur Mediaparts en 2015. On y lit que « depuis 2010, les calculs ou l’hébétude opportunistes de politiques ou de décideurs d’un jour, qui empruntent les chemins carriéristes d’un cabinet ministériel à un autre petit centre de pouvoir, méritent la légitime colère de tous car ils entretiennent les conditions délétères qui maltraitent durablement des personnes autistes de chair et d’os ». Voilà pour faire pièce à la maltraitance symptomatique et au mutisme judiciaire. Le documentaire du 03/04/2019 diffusé sur public Sénat révèle qu’une « centaine d’enfants autistes seraient victimes d’informations préoccupantes et de signalement chaque année en France ».


1

Siliconwadi.fr/2209/ du 10/01/19. Dr S. Cohen-Wisenfield : « L’université de Tel-Aviv met au point un spray nasal contre

l’autisme ».

2

Handicap.fr du 02/05/19. Cassandre Rogeret : « Autisme : la greffe de selles, grands espoirs?».

3

https:ici.radio-Canada.ca du 26/02/19. Thimotée Matte-Bergeron : « Une étude établit un lien entre les groupes antivaccins et les partis populistes en Europe ».

4

Franceinfo du 06/05/2019. La rédaction d'Allodocteurs.fr : « Une hormone au secours des troubles de l'autisme ? ».

5

AFFA-Association francophone des femmes autistes du mois de mars 2019. « Autisme : un constat accablant pour les centres sanitaires et médico-sociaux (CMP, CMPP, CAMSP, hôpitaux de jour) ».

6

https://iournal.le monde.fr/data482.reader/. S. Cr. : « La prise en charge des centres médicopsychologiques critiquée ».

7

Handicap.fr du 02/05/2019. Par Cassandre Rogeret : « Autisme : l'accueil des centres spécialisés pointé du doigt».

8

www.franceinfo.fr/sante/soigner/ du 06/03/2019. La rédaction d'Allodocteurs.fr : « Non, le vaccin contre la rougeole ne “cause" pas l'autisme ».

9

Libération du 07/03/2019, p. 10. Nathan Mann : « Hésitation vaccinale » : et à la fin c'est la rougeole qui gagne.

10

Le Figaro du 07/03/2019, p. 12. Cécile Thibert : « Une vaste étude dément une nouvelle fois le lien entre vaccin et autisme ».

11

Le Monde du 08/03/2019, p. 11. Sandrine Cabut : « Alerte mondiale sur la flambée de rougeole. La France se classe au dixième rang des plus fortes augmentations de cas entre 2017 et 2018 ».

12

https://www.quechoisir.org:actualité. UFC Que Choisir Anne-Sophie Stamane : « Rougeole. Non le vaccin n'est pas à l'origine de l'autisme ». Voir aussi : sante.lefigaro.fr du 06/03/2019. Cécile Thibert, Marielle Court : « Une vaste étude dément une nouvelle fois le lien entre vaccin et autisme ». Plus récent, un article revient sur l'histoire de la fraude de Andrew Wakefield dans 20 minutes du 18/04/2019. Hervé Maisonneuve et Daniel Floret avec La Presse Médicale : « Antivax : le faux lien entre le vaccin ROR et l'autisme, retour sur l'histoire d'une fraude aux conséquences importantes ».

13

Édith Scheffer (2018), Les enfants d'Asperger. Le dossier noir des origines de l'autisme, Paris, Flammarion, 2019. Le Monde du 29/03/2019, p. 9. Élisabeth Roudinesco : « Dr Asperger, nazi, assassin d'enfants ».

14

https:/blogs.mediaparts.fr/jean-vincot du 10/04/2019. Jean Vinçot : « Autisme et Nazisme : Élisabeth Roudinesco dans ses pompes et ses œuvres ». Voir aussi, à la même adresse, du même auteur : « Autisme - sur le “printemps" congelé de la psychiatrie », du 05/05/2019 ; « Vienne 1938, la première conférence d'Hans Asperger, sur l'autisme », du 05/05/2019.

15

Le Monde, supplément Sciences et Médecine, du 03/04/2019, p. 3, 4-5. Florence Rosier : « Autisme : intervenir tôt et autrement. Autisme : réinventer la prise en charge ».

16

Ledevoir.com (Canada) du 18 mai 2019. Par Pauline Gravel : « Peut-on traiter l'autisme ? ».

17

www.publicsenat;fr/article/politique/. du 13/03/2019. Public Sénat : « Handicap : Sophie Cluzel va “échanger sur les bonnes pratiques" avec ses homologues européens ».

18

www.liberation.fr/2019/04/03. du 03/04/2019. Éric Favereau : « Autisme. quand la secrétaire d'État déclare illégale la psychiatrie ».

19

www.europe1.fr/sante/autisme. du 05/04/2019. Par Europe 1 avec AFP : « Autisme : les psychiatres dénoncent les “propos irresponsables" d'une secrétaire d'État ». Voir aussi : www.lexpress.fr/actualité du 06/04/2019. Par LEXPRESS.fr avec AFP : « Autisme : les psychiatres dénoncent les “propos irresponsables" de Sophie Cluzel ».

20

www.euroDe1.fr/sante/autisme du 08/04/2019. Par Europe1.fr avec AFP : « Autisme : la secrétaire d'État Sophie Cluzel affirme n'avoir “jamais déclaré illégale la psychiatrie" ».

21

www.leauotidiendumedecin.fr/du 09/04/2019. Par Elsa Bellanger : « Autisme : les psychiatres pointent les “déclarations indignes" de Sophie Cluzel ».

22

https:/blogs.mediapart.fr/gilles-bouauerel. du 09/04/2019. Par Gilles Bouquerel : « Autisme : Échec annoncé du 4e plan autisme ».

23

NextLeMag avec APMnews du 19/04/2019. Par Julien Moschetti : « Sophie Cluzel ne veut plus de psy pour l'autisme. les psys ne veulent plus de Cluzel ».

24

www://facebook.com/Journalinternationaldemedecine/ du 13/04/2019. Aurélie Haroche : « L'autisme toujours pas dans la voie royale de la science, déjà dans celle du marketing ».

25

https://blogs.mediaparts.fr/ic-maleval du 21/04/2019. J.-C. Maleval et M. Grollier : « Rachel, l'autisme à l'épreuve de la justice, sur la chaine Public Sénat».

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