Accès gratuit
Numéro
psychologie clinique
Numéro 49, 2020
Cyberpsychologie et Cyberpsychanalyse
Page(s) 202 - 214
Section Tribune libre
DOI https://doi.org/10.1051/psyc/202049201
Publié en ligne 23 juin 2020

© Association Psychologie Clinique 2020

Les anciens politiques parlaient sans cesse de mœurs et de vertu; les nôtres ne parlent que de commerce et d’argent.

On a de tout avec de l’argent, hormis des mœurs et des citoyens.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur les sciences et les arts

(Prix de l’Académie de Dijon, 1750)

Introduction

Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron est élu président de la République et il annonce : « une nouvelle page de notre longue Histoire s’ouvre ce soir »1.

Une ambition, qui aurait, quand même, dû être pondérée par un résultat électoral initial puisqu’il ne recueillait au premier tour que 18,19% des suffrages par rapport aux inscrits2, puis lors des élections législatives, les candidats de son mouvement rassemblaient en moyenne 15,39% des suffrages par rapport aux inscrits3. Dans son électorat « les cadres supérieurs et professions intellectuelles sont surreprésentés, tandis que les employés, les ouvriers et les chômeurs tendent à être sous-représentés »4. L’adhésion politique quantitativement modeste et qualitativement très sélective aurait dû appeler à la prudence.

Son ouvrage Révolution5 ne présente pas « ces mille propositions qui font ressembler notre vie politique à un catalogue d’espoirs déçus », mais « une vision, un récit, une volonté »6. Mais comme tous les autres candidats, il élabora, bien sûr, un programme7 qu’il déclinait en six chantiers.

Un nouvel « homme providentiel » qui se pense tel, a mis en œuvre, sans délai, des mesures économiques néo-libérales et récessives, d’une manière impérieuse et sans souci d’être contesté par sa majorité à l’Assemblée nationale. Un « nouveau monde » serait en marche puisque l’actuel « est ancien. Il est usé. Il est fatigué. Il faut en changer »8. La novlangue du « management » est convoquée pour assurer le changement : « disruptif », « disruption », « start-up », « consulting », « coaching », « lobby » « helpers »9... Elle exprime l’idéologie de la performance, de la compétition, du résultat, de l’individualisme, de la concurrence, de la « flexibilité », de la déréglementation.

Le 15 juin 2017, au salon Vivatech, Emmanuel Macron déclarait : « Je veux que la France soit une “nation start-up”, signifiant une nation qui travaille à la fois avec et pour les start-up, mais aussi une nation qui pense et qui avance comme une startup »10. Dans la revue Forbes le 1er mai 2018, il confirmait : « Cela signifie plus de flexibilité et d’accélération dans l’économie, une approche “businesse-friendly” (...) Le message que je veux envoyer aux investisseurs étrangers est que nous sommes en train de faire baisser l’impôt sur les sociétés, de simplifier tout, d’apporter plus de flexibilité au marché du travail, d’accélérer la transformation de l’économie française. »11

L’initiative privée est devenue la seule référence et non les services publics considérés comme étant rigides et trop dispendieux, que le « nouveau monde » s’emploie à déprécier. Une idéologie performative et individualiste est instillée jour après jour dans la société.

La politique mise en œuvre, interroge tant elle est animée par une volonté soutenue de faire tabula rasa et d’instaurer un « monde nouveau » en rupture avec un « ancien monde » qui aurait failli. Une telle ambition mérite d’être analysée tant sur le plan politique que sociétal.

Afin de nourrir la réflexion des écrits politiques de Pierre Mendès France seront un appui précieux, l’anthropologie de Sigmund Freud développée dans Malaise dans la civilisation et l’ouvrage Psychanalyse et urbanisme d’Alexander Mitscherlich analyseront les conceptions soutenues par « le nouveau monde », Christophe Dejours sera sollicité sur les souffrances mentales au travail et au chômage et Tzvetan Todorov rappellera les principes républicains. Deux ouvrages retiennent l’attention par la pertinence de leurs analyses : Macron : miracle ou mirage ? de Pierre-André Taguieff et Les poids des mots du président d’Adrien Gaboulaud, et Anne-Sophie Lechevalier.

Plus de verticalité du pouvoir et moins de démocratie

Le président de la République définit en ces termes la fonction qu’il occupe : « elle a une part de symbolique qui est très forte et qui dépasse celui ou celle qui l’occupe à un moment donné, et qui suppose un cérémonial, une distance, une verticalité. Il faut l’assumer. »12 Alors il procède à sa théâtralisation, en sur-jouant en permanence tous ses actes, en prenant une hauteur fort proche du dédain. Le cérémonial de la signature des lois dans le bureau présidentiel en présence de quelques ministres, fait l’objet d’une scénographie soignée, afin que les spectateurs puissent conserver l’image d’un président très présent et solennel. La posture en majesté affirme l’autorité et l’aura du détenteur du pouvoir. Il est le centre exclusif de l’attention et l’entourage occupe une place de faire-valoir indispensable à la mise en scène.

La verticalité présidentielle conçue par Emmanuel Macron s’inscrit dans son roman national minutieusement construit où prennent place, notablement, des figures et des lieux d’Ancien régime. À Orléans, le 8 mai 2016, le souvenir de Jeanne d’Arc est convoqué : « Alors même que la France n’y croyait pas, se divisait contre ellemême, elle a eu l’intuition de son unité, de son rassemblement. »13 Il s’identifie à l’héroïne et déjà il organisait sa propre chanson de geste pour convaincre les électeurs. Il se vivait en mission et déclarait sa passion pour la France tel un téléévangéliste sur les tréteaux.

Philippe Besson, écrivain, proche et soutien du candidat, raconte la venue d’Emmanuel Macron : « au pied de la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France. Je m’interroge sur ce geste, accompli dans la solitude, loin des caméras : en s’approchant de la tombe des capétiens, est-il venu s’inscrire dans une histoire ? Chercher une onction ? S’inventer un destin ? Se remémorer que le temps et la mort forment l’essentiel ? »14 Une mise en scène qui lui permet d’affirmer son inscription dans une filiation historique et c’est bien la verticalité de la monarchie qui est convoquée. Il a parfaitement analysé les institutions de la cinquième République qui demandent au titulaire de la fonction de la hauteur, de l’autorité pour se saisir des pleins pouvoirs dont il dispose. Il y a de la monarchie dans cette République créée par et pour le général de Gaulle. Et loin d’envisager une sérieuse réforme constitutionnelle, il accroît la dérive monarchique de la cinquième République.

La marche solennelle suivie de l’adresse du vainqueur au peuple dans la cour carrée du Louvre, l’anniversaire privé au château de Chambord, l’usage politique du château de Versailles et politico-privé du fort de Brégançon, les soirées du jeudi à l’Élysée signalent un goût prononcé pour le faste et l’usage des lieux qui symbolisent le pouvoir.

« Je suis votre chef », déclare le président à des hauts gradés de l’armée qui restent stupéfaits d’un tel rappel à l’ordre. Un signe fort qui s’adresse aussi à la nomenklatura du nouveau régime qui doit appliquer sans faiblir les décisions. Les élus du « nouveau monde » ont été recrutés selon le mode managérial : lettre de motivation et curriculum vitæ. Devant tout au président, qui a permis leur élection sur son seul nom, les élus forment un pack mobilisable à tout instant pour repousser les adversaires et soutenir la parole présidentielle. Gare aux inquiets de La République en Marche qui doutent, car le rappel à l’ordre est implacable : « Les tireurs couchés d’un jour finissent abattus avec les autres quand ils décident de tirer sur les camarades. »15 La métaphore guerrière est violente et faite pour produire de la crainte, si ce n’est de la peur. Il ne demeure qu’une relation de subordination absolue des parlementaires de La République en Marche au « monarque républicain ».

Le président de la République échappe à l’ordre du commun. Il exerce seul le pouvoir aux risques de toutes les dérives. Il se trouve fort à l’aise dans les institutions de la cinquième République qu’il n’envisage pas, un seul instant, de transformer afin de favoriser la participation réelle des citoyens à la vie publique. Au contraire,

il s’engage dans une direction inverse en renforçant l’aura de la présidence, en accentuant la verticalité des relations à tout autre.

Emmanuel Macron revendique une filiation politique avec Pierre Mendès France, il déclare dans Le Pèlerin : « Je ne tiens pas à ressembler à quelqu’un d’autre ! Je m’inscris en revanche dans une filiation intellectuelle et politique. Pierre Mendès France, pour sa volonté réformiste. Le général de Gaulle, pour sa probité, sa volonté de dépasser les partis et les clivages classiques »16. Le propos apparaît comme une habileté, puisqu’il s’exonère des sévères critiques de Pierre Mendès France concernant la cinquième République. Il pensait indispensable de mettre un terme « au pouvoir personnel » et de privilégier le « contrat de législature » et l’action des citoyens :

« Les citoyens qui élisent une Assemblée votent pour des partis dont les doctrines sont connues, au moins quant à leur orientation générale, ils se prononcent sur des programmes, sur des propositions. Par contre, lorsqu’un homme est porté à la tête de l’État par le suffrage universel, c’est essentiellement sur sa personne que l’on vote. En fait, “on lui fait confiance”, “on s’en remet à lui”, et parfois sur la base de promesses plus ou moins démagogiques. (...) Un tel mode d’élection ne peut offrir un élément de contrôle politique sérieux; il tend même à dépolitiser le corps électoral, il le pousse à démissionner, à prendre l’habitude d’alénier sa souveraineté, à se désintéresser des affaires du pays. »17

Lors de La rencontre socialiste à Grenoble en 1966, Pierre Mendès France appelait ses amis à analyser la fabrication d’un président sous la cinquième République. Il plaidait pour le retour d’une démocratie vivante et bruissant d’initiatives et de débats :

« Eh bien ! Au niveau national, le rapport nous propose, certes, de laisser au citoyen le droit de choisir tous les sept ans (peut-être même tous les cinq ans) le chef de l’État; mais il ne lui offre pas beaucoup plus que cela, dans un système qui risque d’ailleurs de réduire les consultations populaires à une sorte de compétition de vedettes. (...) Ce sera un régime personnalisé, fondé sur le talent, le charme, l’habileté télégénique et, bien sûr, les appuis financiers qu’un candidat pourra mobiliser, plutôt que sur le caractère progressiste de l’action qu’il entend animer s’il est élu. (...) Un véritable gadget institutionnel peu fatigant pour les citoyens. Il suffira désormais que, de temps à autre, une équipe où l’autre, entraînée par un homme habile, bien financé et sympathique aux téléspectateurs, obtienne leurs suffrages et le pouvoir pour que tout marche tout seul, c’est-à-dire sans le peuple participant, jusqu’à ce que l’autre équipe y parvienne, à son tour, et dans les mêmes conditions. Mais où est la politique là-dedans ? Où est la participation vivante du peuple à la détermination de son destin, aux choix dont dépend son avenir ? Où est la démocratie en profondeur ? »18

Emmanuel Macron a bénéficié de circonstances exceptionnelles pour être élu président de la République : effondrement de la droite et des socialistes, mais l’étroitesse de sa base électorale aurait dû l’inviter à être attentif à cette importante majorité de la population qui n’a pas voté pour lui au premier tour de l’élection présidentielle. Plutôt que de rechercher la cohésion sociale et favoriser le débat, il s’emploie, jour après jour, à exercer un magistère sans partage, clivant et dédaigneux. Il n’est pas un réformateur sur les plans économique, social et politique, mais plutôt un néo-conservateur qui s’enveloppe abusivement d’un verbe réformateur et qui exalte la « nouveauté », la « modernité », le « nouveau monde » et les « leaders »...

Il a utilisé non sans talent les institutions de la cinquième République pour conquérir le pouvoir, puis décliner sa politique en ignorant complètement les réserves, les appels à la prudence ou les oppositions. La dérive « monarchique » conclut cette conquête avec un président qui s’est glissé avec hauteur et arrogance dans la fonction et qui dispose des réponses en tout domaine. Là se pose la question du contrôle démocratique d’un candidat devenu président entouré de ses seuls experts et captif de son propre pouvoir. L’enfermement, si ce n’est le repli, dans son propre monde a toute chance de se traduire par une rupture avec les réalités sociétales du pays. Le recours aux experts préférés à la consultation des corps intermédiaires : syndicats, associations... et donc à la démocratie, est une sorte de « maladie chronique » spécifique des détenteurs du pouvoir. Ils sont choisis en raison de leur appartenance aux mêmes cercles politico-idéologiques, consacrant ainsi un immobilisme de la pensée. Pour Tzvetan Todorov l’expertise est un avatar de la pensée, puisqu’elle relève du scientisme : « On consulte des experts, et le seul débat, porte sur le choix des moyens, non de celui des fins. Nous entrons dans le règne de la pensée instrumentale, où tout problème doit trouver une solution purement technique. »19 Le « macronisme » présente toutes les caractéristiques du scientisme en politique.

La provocation : un symptôme ?

La presse a relaté les nombreux écarts de langage d’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, candidat, puis président de la République. Il les assume complètement et les légitime en une formule : « Parfois, quand on s’approche de la vérité, on s’y brûle. »20 Ces propos et leur mise en scène montrent un président désinvolte sûr de lui et disant leur fait à ses interlocuteurs. Le problème est que la grossièreté ou au mieux l’indélicatesse témoigne d’une absence d’attention et de respect aux personnes, toutes de condition modeste. On n’imagine pas Emmanuel Macron s’adressant aussi vulgairement à Angela Merkel ou à Vladimir Poutine, etc. ou aux grands financiers et entrepreneurs de la planète. L’insulte est sociale. On est fort loin d’une République fraternelle et attentive à tous.

Le 17 septembre 2014 sur Europe 1, ministre de l’Économie, il déclare : « il y a la société GAD [Lampaul-Guimiliau, Finistère]. Vous savez ? Cet abattoir. Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont pour beaucoup, illettrées. »21 Que vient faire le supposé illettrisme de salariées qui luttent pour sauver leur emploi et souhaitent vivre au pays, en Bretagne ? Les salariées choquées ont ressenti, avec raison, cette déclaration comme étant attentatoire à leur dignité.

Le 27 mai 2016, à Lunel dans l’Hérault, le ministre et candidat Emmanuel Macron répond à deux opposants à la « loi travail » : « Je n’ai pas de leçon à recevoir. Si vous ne voulez pas que la France soit bloquée, arrêtez de la bloquer » puis excédé après une remarque sur le coût de son costume : « Vous, avec votre pognon, vous achetez des costards », il répond : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler ». Puis il déclare : « Là je viens voir des jeunes qui ont envie de travailler, qui ont envie de réussir et qui ne sont pas en train de dire ça ! » La réponse des manifestants fuse dans l’instant : « Tous les chômeurs ont envie de travailler »22. Un clivage moralisateur est créé entre les bons éléments et les autres qui créent du désordre. Une morgue de classe est présente chez ce jeune ministre sans expérience des relations sociales et qui pointe facilement d’un index accusateur ses interlocuteurs.

Le 29 juin 2017, Emmanuel Macron, président, inaugure la Station F à Paris, afin de soutenir les créateurs de startups, il déclarait à l’assemblée : « Une gare, c’est un lieu où l’on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien ». Une violence inouïe s’exprime dans cette formule « qui ne sont rien » tant l’autre est nié dans son être.

Les jugements dépréciatifs à l’encontre de la population des plus modestes, de ceux qui défendent leur emploi ou qui s’inquiètent avec raison des modifications du droit du travail sont une marque initiale de ce quinquennat.

Le 8 septembre 2017 à l’École française d’Athènes, il déclare : « Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Et je vous demande d’avoir, chaque jour, la même détermination »23; le 4 octobre 2017, à Egletons, il fustige des manifestants de l’usine GMS de la Souterraine qui sollicitent une rencontre : « certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n’est pas loin de chez eux ». Puis il déclare qu’ils veulent « toucher la supra légale »24 une indemnité de licenciement plus importante. Le président ne sait pas de quoi il parle, puisque la distance entre la Souterraine est « là-bas » : Ussel est de 140 kilomètres et à plus ou moins deux heures de route en voiture. Insolence d’un président qui ne supporte pas la moindre opposition, ne s’informe pas et se défait d’un problème par un éclat intempestif.

Le 15 octobre 2017, sur TF1, il utilise un langage inadapté quand il parle des chômeurs : « Il faut qu’on s’assure qu’il cherche, et que ce n’est pas un multirécidiviste du refus »25. L’expression « multirécidiviste » est utilisée en cas de récidive d’actes délictueux. Son application aux chômeurs est inappropriée et révèle au fond d’une méconnaissance de la vie au chômage qui représente une grande souffrance sociale, économique et psychique pour ceux qui le subissent. Christophe Dejours décrit remarquablement la situation des chômeurs : « Nul ne doute que ceux qui ont perdu leur emploi, ceux qui ne parviennent pas à en trouver (chômeurs primaires) ou à en retrouver un (chômeurs de longue durée) et qui subissent le processus de désocialisation progressif, souffrent ».26

Emmanuel Macron traite d’une manière répétée de la pauvreté avec une grande désinvolture, de la morgue et un zeste de grossièreté. Le 12 juin 2018, il déclare de son bureau élyséen : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » et la leçon aux pauvres se poursuit sur le même mode :

« Je vais faire un constat qui est de dire : on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif. Toute notre politique c’est qu’on doit mieux prévenir – ça nous coûtera moins ensemble – et mieux responsabiliser tous les acteurs »27. Peutêtre faut-il rappeler au président quelques « vérités » : les chômeurs ne sont pas les responsables de leur chômage engendré par une crise économique qui n’en finit pas; la solidarité nationale existe afin de ne laisser personne sur le bord du chemin. Si les « gens » ne sortent pas ou partiellement de situations de détresse, c’est sans doute que la politique économique et sociale suivie est erronée ! Les chômeurs recherchent un emploi, organisent au mieux leur vie, font face au découragement et s’épuisent dans la quête de l’emploi et de ressources. Et pour certains, vivre aux limites, n’est pas vivre, c’est mourir un peu plus chaque jour !

Les provocations d’Emmanuel Macron sont trop fréquentes pour ne pas être retenues comme faisant partie de la théâtralisation de sa présidence. Elles sont un symptôme d’une toute-puissance sans limite, puisqu’il s’octroie une licence pour dire ce qu’il veut, quand il veut ! Sa représentation de la société est des plus clivée et partagée entre ceux « qui ne sont rien » et les « winners » ! Il exerce une violence symbolique en stigmatisant les manques, les faiblesses ou les difficultés qui sont considérées comme autant de fautes.

Une telle attitude venant du sommet de l’État est une invitation à libérer non le dialogue, mais à accentuer la subordination du « monde du travail » et à lui imposer des décisions, non débattus et non argumentés. L’exercice du pouvoir, des uns sur les autres, tend à rechercher, en l’absence de tout vrai dialogue, par la contrainte « douce » ou non, la modification de processus de travail et d’organisation de la société. Il n’est pas étonnant que des résistances sociales s’expriment qui traduisent moins des conservatismes qu’une volonté de se constituer en tant que sujet présent et actif, mais le plus grave est la renonciation à faire valoir ses idées, ses demandes et être obligé de se soumettre, malgré soi, tout en s’en protégeant au mieux, à des dispositions arrêtées par une hiérarchie sûre d’elle-même. Les changements ne s’imposent pas abruptement, ils se construisent collégialement. Alors il n’est pas surprenant que se manifestent des souffrances mentales au travail, la grande anxiété des chômeurs et l’inquiétude généralisée pour soi et le devenir des enfants. Les redoutables potions, associées aux attitudes « macroniennes », celles des « experts » et autres « managers » ne vont que renforcer les symptômes d’une société en souffrance et en perte de sens. La situation actuelle mérite d’être placée sous le regard de Christophe Dejours : « Nous sommes ainsi conduits au problème le plus difficile : celui du destin du sens moral et de son abolition apparente dans la participation à l’injustice et au mal occasionnés consciemment à autrui. En particulier dans l’exercice ordinaire du travail, selon les principes du management à la menace, en contexte général de précarisation de l’emploi. »28

De la cordée : un détournement du sens !

Le 15 octobre 2017, sur TF1, Emmanuel Macron fait l’éloge de la cordée et surtout des premiers de cordée : « Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont du talent, je veux qu’on les célèbre... »29. Il ne reconnaît que ceux qui sont devant : les « leaders ». Il procède à un détournement de sens de la cordée qui relie les grimpeurs entre eux au moyen d’une corde afin de s’assurer réciproquement et en confiance. Chacun des membres veille sur les autres. Dans le discours présidentiel, cette pratique n’est pas retenue, puisqu’il n’y a pas de réciprocité, de souci du proche et de dialogue, puisque seul le « leader » détient le pouvoir et décide en tout domaine.

Il n’y a aucune traduction de la cordée solidaire dans la conception « macronienne » du code du travail, puisque les conventions collectives doivent être les moins contraignantes possibles afin d’atteindre l’idéal de l’employabilité, de la performance, de la rentabilité, de la flexibilité, etc., et loin de rechercher la cohésion de l’ensemble de la société, le président de la République oppose systématiquement les catégories de la population : les actifs aux inactifs (retraités), les fonctionnaires aux salariés du privé, les cheminots (détenteurs d’un statut protecteur) aux agriculteurs, les riches (« les premiers de cordée ») aux pauvres (qui coûtent « un pognon de dingue »), le service public au secteur privé, l’individualisme au collectif, etc. L’argent devient une finalité et non un moyen utile au développement de la société. « Enrichissez-vous » est le mot d’ordre de tous les égoïsmes, de tous les rapports de force, de la « lutte de tous contre tous ».

La mise en concurrence généralisée représente un véritable fléau et elle est un facteur de régression sociétale, puisque l’autre est devenu un rival, en tout domaine. Une telle idéologie dévastatrice des relations est promue et entretenue. Alexander Mitscherlich, psychanalyste, alertait sur le processus de régression engagé :

« Mais la transformation de l’agressivité archaïque en une activité soucieuse des droits de l’autre ne réussit que partiellement, comme le montre à suffisance l’extrême importance des opérations mentales obéissant à la loi de la concurrence la plus brutale. Ici, des objectifs primitifs, par exemple anéantir le concurrent, se trouve atteints – c’est l’aspect de la jungle de la société de concurrence – grâce à des méthodes plus élaborées, plus “intelligentes”, si bien que les détours qu’emprunte la socialisation – c’est-à-dire la civilisation – sont une nouvelle fois annulés. »30

Le monde selon Emmanuel Macron est un monde de mise en rivalité permanente et qui conçoit tout progrès comme un affrontement. Les meilleurs sont devant et donc aptes à décider ce qui est « bon » pour la collectivité. Ce « nouveau monde » binaire et manichéen montre une réelle violence pour imposer sa loi, celle du plus puissant. Alors une inquiétude sourde tant l’avenir apparat se diriger vers une régression de l’attention à tout autre et de l’intérêt général. La rhétorique, les images et les gesticulations du « nouveau monde » ne construisent pas la société de demain, mais invitent au grand « big-bang » de l’enrichissement individuel au détriment d’une conception collective de la création et de la répartition de la richesse.

Au plan sociétal, il n’est fait aucune référence à la cordée solidaire pour recevoir dignement les immigrés dans notre pays, que l’on ne sent pas vraiment mobilisé, faute d’une implication positive des élites politiques, pour mettre en place un accueil et un accompagnement stable. Des tribunes et les déclarations31 s’inquiétant du sort réservé aux immigrés sont restées sans aucun effet. Emmanuel Macron s’est contenté de courts commentaires : « Il faut se garder des faux bons sentiments »32 ou encore « Parce que l’on fait la République au concret, on ne la fait pas en deux lignes un matin de mauvaise conscience »33.

Jean-Marie Gustave Le Clézio, écrivain, prix Nobel, déclare : « Comment peut-on faire le tri ? Comment distinguer ceux qui méritent l’accueil, pour des raisons politiques, et ceux qui n’en sont dignes ? Comment faire la différence entre les demandeurs d’asile au titre du danger qu’ils encourent dans leur pays, et ceux qui fuient pour des raisons économiques ? Est-il moins grave de mourir de faim, de détresse, d’abandon, que de mourir sous les coups d’un tyran ? »34

La situation demande des réponses adaptées allant de l’accueil-accompagnement à l’aide concrète au développement des pays d’origine. Un projet d’accueil européen reste à construire, mais il n’exempte pas chaque pays d’agir ici et maintenant. Les immigrés d’hier sont devenus français et ceux d’aujourd’hui le deviendront : il faut réussir l’intégration, l’instruction et la formation civique et professionnelle des immigrés présents sur le territoire de la République française.

La cordée symbolise l’attention de tous pour tous et non la lutte entre tous. L’individualisme, la volonté de domination, d’appropriation et la mise en rivalité en tout domaine sont de puissants facteurs de dégradation des relations entre les personnes. Sans institutions et sans réglementations, sans débats, ni démocratie, sans la priorité sociale en direction des personnes touchées par un malheur ou des difficultés, la civilisation régresse. Toute politique qui permet l’envol de l’individualisme ne s’inscrit en aucun cas dans le processus de construction de la civilisation, mais y fait obstacle. À ce sujet, l’enseignement de Sigmund Freud est des plus convaincants :

« La vie en commun ne devient possible que lorsqu’une pluralité parvient à former un groupement plus puissant que ne l’est lui-même chacun de ses membres, et à maintenir une forte cohésion en face de tout individu pris en particulier. La puissance de cette communauté en tant que “Droit„ s’oppose alors à celle de l’individu, flétrie du nom de force brutale. En opérant cette substitution de la puissance collective à la force individuelle, la civilisation fait un pas décisif. »35

Tous les membres de la société sont concernés par l’attention aux autres. Romain Gary, écrivain, soutient : « Si les hommes de notre temps ne trouvent pas aux problèmes qui déchirent le monde des solutions fraternelles, c’est peut-être la condamnation des hommes de notre temps, ce n’est pas une condamnation de la fraternité. »36

Enjeux pour demain

La société ne peut être pensée en tant que juxtaposition d’individus n’entretenant entre eux que des liens utilitaires, concurrentiels et cultivant d’abondance leurs égoïsmes. Freud met en garde contre un tel projet sociétal puisque : « la persistance d’un reste de l’individualisme indompté » forme « la base de tendances hostiles à la civilisation »37 et il promeut l’éducation, la culture, l’altruisme et la morale, qui sont au fondement de la civilisation : « De nouvelles générations, éduquées avec amour et dans la haute estime de la pensée, qui ont connu de bonne heure les bienfaits de la culture, auront ainsi un autre rapport à elle, la ressentiront comme leur bien-fonds le plus propre et seront disposées à consentir pour elle les sacrifices en travail et en satisfaction pulsionnelle nécessaire à son maintien. »38

Cette ambition freudienne avait un lointain précurseur, Condorcet qui dans ses Cinq mémoires sur l’éducation mentionnait : « Plus les hommes sont disposés par éducation à raisonner juste, à saisir les vérités qu’on leur présente, à rejeter les erreurs dont on veut les rendre victimes, plus aussi une nation qui verrait ainsi les lumières s’accroître de plus en plus, et se répandre sur un plus grand nombre d’individus, doit espérer d’obtenir et de conserver de bonnes lois, une administration sage et une constitution vraiment libre. »39 L’ambition est de former des citoyens soucieux du bien public, ouverts sur le monde et qui s’appuient sur leur raison pour penser et agir.

Les enseignements de Pierre Mendès France, eux aussi, demeurent d’une grande actualité pour analyser l’inquiétante situation présente et penser l’avenir. Il invitait les citoyens à veiller sur « l’esprit public » et à s’engager dans l’action publique. Ainsi, l’idée « d’unités de vie sociale », n’est pas un concept pour demain, mais un engagement, ici et maintenant, pour penser et agir, en instaurant une coopération qui induit une nouvelle manière d’être et d’entreprendre : « Mais partout où des gens se trouvent groupés, où se manifeste un besoin collectif, où il faut informer le public de l’existence d’un problème et intervenir auprès des pouvoirs, partout où il y a lieu de décisions collectives, il faut permettre à l’appétit de travail commun de se manifester dans des organismes appropriés fonctionnant démocratiquement. »40

Une démocratie vivante que l’on nomme aussi participative, s’oppose aux conservatismes et elle contribue à porter un nouvel éclairage aux questions posées par la vie en société, qui n’est ni facile, ni évidente et qui ne peut pas être régie par des injonctions et des décisions abruptes. Il rappelait les bénéfices que retirerait la société d’une implication des citoyens :

« Si le pouvoir est véritablement républicain, soucieux de ne pas perdre le contact avec le pays et de traduire ses sentiments et ses volontés, il trouvera, en effet, dans ce foisonnement de participations actives, des occasions d’information réciproque, des appuis contre les égoïsmes, contre les intérêts étroits et aussi contre les routines de sa propre administration. Ce sera pour lui le signe que la vie civique circule. Il aura à cœur d’aider la démocratie à passer à travers le pays comme un courant passe dans une machine, la fait tressaillir et le met en mouvement ».41


1

Adrien Gaboulaud, Anne-Sophie Lechevalier, Les poids des mots du président, Chapitre : L’Histoire redémarre, Éditions de l’Observatoire, 2018, version numérique.

2

Pierre-André Taguieff, Macron : miracle ou mirage ? Chapitre : Suffrage universel et soumission volontaire, Éditions de l’Observatoire, 2017, version numérique.

3

https://www.francetvinfo.fr Article : Législatives : cinq chiffres qui relativisent la victoire écrasante de la République en marche au premier tour. Le pourcentage mentionné inclut les candidats du Modem.

4

Adrien Gaboulaud, Anne-Sophie Lechevalier, Les poids des mots du président, Chapitre : Du candidat au président, une transfiguration lexicale, id.

5

Emmanuel Macron, Révolution, Pocket, XO éditions, 2017.

6

Id., p. 15 et 73.

7

Programme En Marche ! 17 pages. https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme

8

Emmanuel Macron, 12 juillet 2016, salle de la Mutualité à Paris, in Adrien Gaboulaud, Anne-Sophie Lechevalier, Les poids des mots du président, Chapitre : L’ancien monde bouge encore, id.

9

Marianne a publié un petit lexique de la « novlangue » : « Emmanuel Macron élu, il va falloir s’habituer à sa novlangue... », 12 mai 2017. https://www.marianne.net

10

Emmanuel Macron, 12 juillet 2016, salle de la Mutualité à Paris, in Adrien Gaboulaud, Anne-Sophie Lechevalier, Les poids des mots du président, Chapitre : Le discours économique en retrait, id. Pour Éric Ries, auteur du best-seller « The lean Startup », une startup c’est « une institution humaine conçue pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitude ». Patrick Fridenson, directeur d’études à l’EHESS, historien des entreprises, explique : « être une startup n’est pas une question d’âge, de taille, de secteurs d’activité. Il faut répondre aux quatre conditions suivantes : 1) Une forte croissance potentielle, 2) Utiliser une technologie nouvelle, 3) Avoir besoin de financement massif, les fameuses levées de fonds, 4) Être sur un marché nouveau dont le risque est difficile à évaluer ». http://1001startups.fr/ dis-cest-quoi-une-start-up/

11

Propos d’Emmanuel Macron cités dans l’article d’Hadrien Mathoux : « Dans Forbes obsédé par la “disruption” et plus thatchérien que jamais », 2 mai 2018. https://www.marianne.net/polique/

12

Emmanuel Macron, 9 juin 2017, Lycée agricole de Limoges-les-Vaseix, in Adrien Gaboulaud, Anne-Sophie Lechevalier, Les poids des mots du président, Chapitre : Du candidat au président, une transformation lexicale, id.

13

Adrien Gaboulaud, Anne-Sophie Lechevalier, Les poids des mots du président, Chapitre : Un corpus pour l’éternité, id.

14

Philippe Besson, Un personnage de roman, chapitre Novembre, Julliard, 2017, version numérique. Un roman, passionnant et intéressant qui décrit la conquête du pouvoir par Emmanuel Macron.

15

Article : « Benalla “Les tireurs couchés d’un jour finissent abattus” : Macron critique la presse et met en garde les députés de la majorité », 25/07/2018. http://www.nouvelobs.com/

16

« Le credo d’Emmanuel Macron : La politique : une mission, pas une profession », propos recueillis par Frédéric Niel, éditée par Laurence Faure, Le Pèlerin, numéro 7010, 6 avril 2017. https://www.pelerin.com Emmanuel Macron, Révolution, Pocket, XO éditions, 2017, p. 41. « Nul plus que Pierre Mendès France n’avait le sens de la justice. Il s’est pourtant fait en 1945, et contre le général lui-même, l’apôtre de la rigueur budgétaire, parce qu’il voyait, au-delà des apparences, quels malheurs sociaux le laxisme peut causer ».

17

Pierre Mendès France, La République moderne, Idées-Gallimard, 1966, p. 72-73.

18

Pierre Mendès France, « La Rencontre socialiste de Grenoble », 30 avril-1er mai 1966, Œuvres complètes, tome 5, Préparer l’avenir, 1963-1973, Gallimard, 1989, p. 181-183.

19

Tzvetan Todorov, Le jardin imparfait, La pensée humaniste en France, Livre de poche-Grasset, 2000, p. 326.

20

Article : « Fainéants » et « bordels » vous ont choqué ? « Quand on s’approche de la vérité on s’y brûle », répond Macron, Marianne, Delphine Legouté, 15 octobre 2017. https://www.marianne.net/

21

Article : « De “foutre le bordel” à “ceux qui ne sont rien” : 6 phases polémiques de Macron », Ouest-France, le 5 octobre 2017. https://www.ouest-france.fr

22

Id., Article : « Emmanuel Macron : “Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler” », Le Figaro, Yohan Blavignat, le 28 mai 2016. http://www.lefigaro.fr

23

Id.

24

Article : « Fainéants » et « bordels » vous ont choqué ? « Quand on s’approche de la vérité on s’y brûle », répond Macron », Marianne, Delphine Legouté, 15 octobre 2017. https://www.marianne.net/

25

Article : « Dans le vocabulaire de Macron, riche se dit “premier de cordée” et les chômeurs sont “multirécidivistes” », Marianne, Étienne Girard, 16 octobre 2017. https://www.marianne.net/

26

Christophe Dejours, Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale, Seuil, 1998, p. 17.

27

Article : « Pour Macron, les aides sociales coûtent un “un pognon de dingue” sans résoudre la pauvreté », Le Monde avec AFP, 13 juin 2018. https://www.lemonde.fr

28

Christophe Dejours, Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale, Seuil, 1998, p. 92-93.

29

« Emmanuel Macron – Ses citations », 16 octobre 2017. http://dicocitations.lemonde.fr

30

Alexander Mitscherlich, Psychanalyse et urbanisme, Réponse aux planificateurs, Gallimard, 1970, p. 52.

31

« Migrants : M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez ! », Tribune de Laurent Berger (CFDT), Thierry Pech et Lionel Zinsou (Terra Nova), Jean-François Rial (Voyageurs du monde) et Jean Pisani-Ferry, Le Monde, 16 janvier 2018. https://www.lemonde.fr « Monsieur le président, vous avez instauré à Calais un protocole de la bavure », Lettre ouverte, Yann Moix, Libération, 21 janvier 2018. http://www.liberation.fr

32

Article : « Migrants : Emmanuel Macron taxe Le Clézio de “faux bons sentiments” », Laure Besnier, AL, 11 janvier 2018. https://www.actualite.com

33

« Transcription du discours du président de la République auprès des forces mobilisées », publié le 16 janvier 2018. www.elysee.fr

34

J.-M. G. Le Clézio, « Un déni d’humanité insupportable », L’OBS, numéro 2775, 11 janvier 2018.

35

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation (1929), PUF, 1986. P 44.

36

Romain Gary, L’affaire homme, folio no 4296, Gallimard, 2005, p. 32.

37

Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation (1929), PUF, 1986, p. 45.

38

Sigmund Freud, L’avenir d’une illusion (1927), PUF, 2002, p. 8.

39

Condorcet, Cinq mémoires sur l’instruction publique, GF-Flammarion, 1994, p. 64.

40

Pierre Mendès France, La République moderne, Idées-Gallimard, 1966, p. 274.

41

Pierre Mendès France, La République moderne, Idées-Gallimard, 1966, p. 278.

Références

  1. Besson, P., Un personnage de roman, Julliard, 2017. [Google Scholar]
  2. Bonnefon, G., Penser l’éducation populaire, humanisme et démocratie, deuxième édition revue et complétée, Chronique sociale, 2016. [Google Scholar]
  3. Bonnefon, G., Penser le politique avec Mendès France, Chronique sociale, 2017. [Google Scholar]
  4. Condorcet, Cinq mémoires sur l’instruction publique, GF-Flammarion, 1994. [Google Scholar]
  5. Dejours, C., Souffrance en France, La banalisation de l’injustice sociale, Seuil, 1998. [Google Scholar]
  6. Freud, S., Malaise dans la civilisation (1929), PUF, 1986. [Google Scholar]
  7. Freud, S., L’avenir d’une illusion (1927), PUF, 2002. [Google Scholar]
  8. Gaboulaud, A., Lechevalier, A.-S., Les poids des mots du président, Éditions de l’Observatoire, 2018. [Google Scholar]
  9. Gary, R., L’affaire homme, folio-Gallimard, 2005. [Google Scholar]
  10. Macron, E., Révolution, Pocket, XO éditions, 2017. [Google Scholar]
  11. Mendès France, P., La République moderne, Idées-Gallimard, 1966. [Google Scholar]
  12. Mendès France, P., « La Rencontre socialiste de Grenoble », 30 avril-1er mai 1966, Œuvres complètes, tome 5, Préparer l’avenir, 1963-1973, Gallimard, 1989. [Google Scholar]
  13. Mitscherlich, A., Psychanalyse et urbanisme, Réponse aux planificateurs, Gallimard, 1970. [Google Scholar]
  14. Taguieff, P.-A., Macron : miracle ou mirage ?, Éditions de l’Observatoire, 2017. [Google Scholar]
  15. Todorov, T., Le jardin imparfait, La pensée humaniste en France, Le Livre de Poche-Grasset, 2000. [Google Scholar]

Les statistiques affichées correspondent au cumul d'une part des vues des résumés de l'article et d'autre part des vues et téléchargements de l'article plein-texte (PDF, Full-HTML, ePub... selon les formats disponibles) sur la platefome Vision4Press.

Les statistiques sont disponibles avec un délai de 48 à 96 heures et sont mises à jour quotidiennement en semaine.

Le chargement des statistiques peut être long.