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Numéro
psychologie clinique
Numéro 47, 2019
Cliniques cosmopolites
Page(s) 05 - 06
DOI https://doi.org/10.1051/psyc/201947005
Publié en ligne 3 mai 2019

Ce numéro rassemble des contributions cliniques venues d’ici et d’ailleurs. Ce n’est toutefois pas la seule diversité des lieux de production de ces textes qui justifie ce titre de « Cliniques Cosmopolites ». C’est que la plupart des articles qu’ils soient écrits en France, en Chine, au Brésil ou ailleurs interroge et éclaire la pluralité des places et des langues en présence et enjeu dans les dispositifs cliniques. Que ce soit en reprenant à nouveaux frais un cas princeps de la psychanalyse, en s’interrogeant sur les rapports difficiles à l’altérité dans l’autisme, qu’en explorant cette présence à la fois familière et surprenante du corps dans les techniques de relaxation ou dans les façons de le loger dans un habitat.

Comment endosser son corps, comment résider et se mouvoir dans un paysage, comment faire de sa maison un habitat, voilà bien des directions de recherches, ici explorées, qui interrogent l’hétérogène au sein de l’intime, l’inconnu au cœur du familier.

Ce numéro s’ouvre sur l’enjeu éthique de tout dispositif d’écoute et de soin qui refuse, comme ce que devrait être la psychanalyse, d’étouffer la voix conflictuelle du sujet sous des moralismes de convenance et des archaïsmes théoriques figés en dogme.

Un fil rouge logique insiste également dans ce numéro qui concerne la dimension du féminin dans nos modernités. Nos amis cliniciens sont de plus en plus interrogés par l’émergence des nouvelles logiques sociales et singulières du féminin, que ce soit en Tunisie ou en Chine, deux pays qui ont peu en commun, a priori, si ce n’est qu’au sud de la Méditerranée ou à l’est du fleuve Amour. Les systèmes de filiations sont bouleversés et alors émergent des revendications portées par des femmes pour une justice égalitaire défiant les archaïsmes patriarcaux. L’émergence d’une émancipation des femmes semble en Chine ou en Tunisie concomitantes de la possibilité d’une plus grande gamme de subjectivation des hommes et des femmes, et donc de novelles façons de vivre, meubler son intimité et d’en témoigner. En ce sens l’existence d’une offre analytique qui tient le coup est liée à une exigence de démocratie de rupture avec les répartitions anciennes et stigmatisantes qui définiraient comme intangibles un « être femme » et un « être homme ». Voilà du moins une bonne raison pour que les cliniciens d’ici ou d’ailleurs cessent de s’affoler devant un supposé déclin du père et envisagent avec lucidité cette nouvelle configuration des subjectivités. Nos préoccupations rejoignent ici celles de trois anthropologues qui dissertent avec vigueur sur ce que les mouvements « #metoo « disent aussi d’ambivalent sur la situation du féminin dans quelques discours de militance. L’énigme de ce qu’est le sujet du désir, son accueil, est affaire des cliniciens certes, mais ne peut laisser indifférents ceux des anthropologues, de plus en plus nombreux, qui travaillent sur les modifications des logiques sociales et des logiques identifica- toires qui dérivent de telles modification.

Enfin nous avons été heureux d’accueillir deux contributions qui témoignent, à vif, des effets des violences politiques sur les économies subjectives et les dispositifs d’accueil des souffrances psychiques que ce soit en Centrafrique ou au Brésil. Les résultats de la récente élection présidentielle au Brésil inquiètent plusieurs de nos collègues qui rendent compte de façon incisive de ce qua changé depuis lors dans les demandes qui leur sont adressées et dans les conditions de leur pratique


© Association Psychologie Clinique 2019

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