| Issue |
psychologie clinique
Number 60, 2025
La condition arménienne : Histoire, culture et humanités
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|---|---|---|
| Page(s) | 45 - 65 | |
| Section | Considérations historiques et culturelles | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/psyc/202560045 | |
| Published online | 17 octobre 2025 | |
Entretien réalisé par Anahit Dasseux Ter Mesropian avec Simon Abkarian acteur dramaturge et metteur en scène*
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Anahit Dasseux Ter Mesropian est psychanalyste à Paris
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Simon Abkarian a joué dans de nombreux films au cinéma et pour la télévision, écrit et mis en scène de nombreuses pièces publiées chez Actes Sud. Il a reçu un Molière du meilleur comédien en 2001 pour la pièce d’Irina Brook « Une bête sur la lune ». Puis 3 prix aux Molières en 2020, pour sa pièce « Électre des bas-fonds » écrite et mise en scène par lui : Molière de l’auteur francophone, Molière du théâtre public, Molière du metteur en scène d’un spectacle de théâtre public.
Résumé
Dans cet entretien réalisé à Erevan en février 2025, Simon Abkarian, acteur et metteur en scène, évoque son parcours marqué par l’exil et les multiples appartenances culturelles. Né dans la diaspora, il raconte comment ses racines arméniennes s’ancrent malgré les déplacements, entre la mémoire familiale du génocide et les expériences vécues au Liban, en Syrie, aux États-Unis et en France. Il souligne l’importance de la transmission par le récit, le théâtre, la danse et le chant, non pas comme simple devoir de mémoire, mais comme affirmation de vie. Pour Simon Abkarian, la création artistique est un acte de résistance à la disparition, un espace pour transformer la douleur collective en énergie de vie. Il refuse la posture de la simple « résilience », lui préférant celle de la résistance active et créatrice. L’imaginaire, le chant et la danse sont pour lui des armes contre l’effacement de l’histoire arménienne. Il insiste sur la nécessité de renouveler les mots et les récits, pour sortir du cercle figé de la douleur et retrouver une parole libre, vivante, porteuse de transmission, de dignité et de puissance créatrice.
Abstract
In this interview conducted in Yerevan in February 2025, Simon Abkarian, actor and stage director, reflects on his life journey shaped by exile and multiple cultural affiliations. Born in the diaspora, he describes how his Armenian roots remain anchored despite constant displacement, between the familial memory of the genocide and personal experiences in Lebanon, Syria, the United States, and France. He emphasizes the importance of transmission through storytelling, theatre, dance, and song—not merely as a duty of remembrance but as an affirmation of life. For Simon Abkarian, artistic creation is an act of resistance against disappearance, a space for transforming collective pain into a force of vitality. He rejects the notion of mere “resilience,” favoring instead active and creative resistance. Imagination, song, and dance are for him tools to fight against the erasure of Armenian history. He insists on the need to renew words and narratives, to break free from the frozen circle of suffering and to rediscover a living, free speech capable of transmitting dignity and creative power.
Mots clés : Territoire imaginaire / Théâtre / Danse / Poétique du récit / Mémoire créative
Key words: Imaginary territory / Theatre / Dance / Poetic narrative / Creative memory
Entretien réalisé en février 2025, lors d’un séjour à Erevan – Arménie.
© Association Psychologie Clinique 2025
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