| Issue |
psychologie clinique
Number 60, 2025
La condition arménienne : Histoire, culture et humanités
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| Page(s) | 88 - 94 | |
| Section | Textes cliniques | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/psyc/202560088 | |
| Published online | 17 octobre 2025 | |
Frontières et identité, dedans et dehors, quels effets ?
Membre d’Espace analytique Paris. Secrétaire adjointe à la commission d’enseignement, membre du conseil d’administration, membre du bureau. Commandant Réserviste du Service de Santé des Armées en tant que psychologue Hors Classe à Hôpital Inter Armées Percy à Clamart (92), dans le service de Médecine Physique et Réadaptation (MPR).
Résumé
Ce texte explore la question des frontières psychiques et identitaires, à la fois sur un plan théorique psychanalytique et à partir d’une expérience personnelle d’exil. L’auteure, d’origine arménienne et vivant en France depuis l’enfance, interroge les effets psychiques des déplacements, de l’exil et des ruptures symboliques liés à la guerre et aux contextes migratoires. En s’appuyant sur Freud et les apports du développement infantile, elle analyse comment le Moi se constitue comme frontière mobile, condition de l’identité psychique. Le texte détaille les processus de différenciation Moi/Non-Moi, les risques de fragilisation du Moi dans les contextes de carence ou de trauma, et le rôle du cadre analytique dans la reconstruction des limites psychiques. En dialogue avec la pensée de Janine Altounian, il évoque la transmission transgénérationnelle du déracinement, la perte du « chez-soi », et les mécanismes de réparation symbolique qui peuvent émerger chez les sujets exilés. L’auteure réfléchit enfin à sa propre position : sujet exilé engagé dans une action de soutien envers ceux « du dedans », dans un mouvement double mêlant dette, culpabilité, et tentative de réparation. L’analyse propose que le travail analytique puisse jouer un rôle de reconstruction symbolique des frontières psychiques là où le cadre externe est défaillant.
Abstract
This text explores the issue of psychic and identity boundaries, both from a psychoanalytic theoretical perspective and through a personal experience of exile. The author, of Armenian origin and living in France since childhood, examines the psychic effects of displacement, exile, and symbolic ruptures linked to war and migratory contexts.Drawing on Freud and insights from infant development, she analyzes how the Ego (Moi) is formed as a mobile boundary, a condition for psychic identity. The text details the processes of Ego/Non-Ego differentiation, the risks of Ego fragility in contexts of deprivation or trauma, and the role of the analytic frame in reconstructing psychic limits.In dialogue with the work of Janine Altounian, it addresses the transgenerational transmission of uprootedness, the loss of “home,” and the symbolic repair mechanisms that can emerge in exiled subjects. The author reflects on her own position: an exiled subject engaged in acts of support toward those “on the inside,” through a double movement combining debt, guilt, and the attempt at symbolic reparation.The analysis proposes that psychoanalytic work can serve as a symbolic reconstruction of psychic boundaries where the external frame is deficient.
Mots clés : Cadre analytique / Exil / Frontière psychique / Identité / Moi
Key words: Analytic frame / Ego / Exile / Identity / Psychic boundary
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